1.Les différents agrégats de mesure de la richesse
Les agrégats de la comptabilité nationale sont des grandeurs synthétiques qui mesurent et comparent, dans l'espace et dans le temps, les résultats de l'activité économique d'une nation. La comptabilité nationale française retient de multiples agrégats, dont trois très significatifs :
- le produit intérieur brut (PIB)
- le revenu national brut disponible (RNBD)
- la dépense intérieure brute (DIB),
chacun se rattachant à l'un des trois pôles du circuit économique.
Les pôles du circuit économique
Production --> le PIB - mesure l'ensemble des richesses créés par la nation durant une année ; il est égal à la somme des valeurs ajoutées dégagées par les différentes unités productives.
Revenu --> la RNBD - retrace la part des richesses qu'une nation consacre aux versements du revenu primaire des différents agents économiques
Dépense --> la DIB - retrace la consommation finale et l'effort d'investissement des agents économiques.
La comptabilité nationale française retraçant l'activité économique des unités résidentes, c'est-à-dire des agents économiques qui effectuent des opérations pendant un an au moins sur le territoire économique, on est amené, notamment pour effectuer des comparaisons internationales, à calculer, à coté du produit intérieur brut (production des unités résidentes), un autre agrégat, le produit national brut (PNB).
La valeur du produit national brut s'obtient en ajoutant au produit intérieur brut les revenus du travail, de la propriété et de l'entreprise reçus du reste du monde et en retranchant les revenus de même nature versés à des non-résidents.
2. Les limites de la mesure de la richesse par les agrégats
La mesure de la production, et plus généralement la comptabilité nationale elle-même, est victime d'un certain nombre de lacunes qui en réduisent la pertinence. La mauvaise évaluation des agrégats économiques (surélévation ou sous-évaluation selon les cas) résulte de facteurs qui ne sont pas pris en compte:
- le travail domestique (bricolage, jardinage, soins aux enfants au sein du ménage...);
- l'économie souterraine (travail au noir, pourboires non déclarés...);
- les nuisances (effets du bruit ou de la pollution atmosphérique sur la santé des individus par exemple).
En fait, la comptabilité nationale n'apprécie qu'imparfaitement le bien-être collectif.
Économie souterraine
L'économie souterraine peut se décomposer en trois secteurs. Tout d'abord, une activité productive, mais illicite : le commerce de drogue, le proxénétisme, etc. Cette part échappe complètement aux comptables nationaux qui ne tentent pas de l'évaluer. Il existe aussi tout un pan de l'économie où l'activité est légale, mais non déclarée. Soit parce que les entreprises elles-mêmes ne sont pas déclarées - du peintre amateur qui offre ses services pour l'appartement du voisin aux ateliers clandestins organisés; on parle alors de travail au noir. Soit parce que l'entreprise est enregistrée, mais qu'elle ne déclare pas l'ensemble de son activité - il s'agit alors de fraude fiscale.
Les comptables nationaux redressent les statistiques de base pour tenir compte de cette économie souterraine. L'INSEE l'estime à 4 % de PIB, dont un peu plus de 1 % pour le seul travail au noir. L'ensemble est loin d'être négligeable, puisqu'il représente près de 50 milliards d'euros, soit un cinquième du budget de l'Etat.