Aux origines du crédit


Aux origines du créditDans l'antiquité, où l'usage de la monnaie n'en était qu'à ses balbutiements, le crédit n'avait pas de réelle valeur économique. Les capitaux investis dans une activité commerciale l'étaient en général par son promoteur lui-même. Dans cet environnement, le crédit se limitait à l’avance à un particulier pour la traversée d’une échéance difficile; les taux étaient alors proches de l’usure, et Aristote condamnait comme immoral le prêt à l’intérêt. Cette condamnation morale sera reprise par l’Eglise catholique, le prêt à l’intérêt étant conséquemment abandonné aux infidèles (juifs et musulmans).

Au milieu du Moyen Age, avec l’accroissement du commerce méditerranéen et hanséatique, ainsi que du trafic terrestre transfrontalier, la nécessité se fit jour de faciliter les échanges monétaires d’un pays à l’autre, et de financer les expéditions maritimes lointaines, coûteuses et hasardeuse mais le cas échéant d’un gros rapport. Les premières banques de change et de prêt se créent alors, appuyées sur des familles étendues dans toute l’Europe. La notion du taux d’intérêt commence à se dégager de la notion d’usure.

Mais c’est avec la révolution industrielle et la naissance des sociétés par actions, nécessaires pour mener à bien les gros travaux tels que le chemin de fer ou le percement des canaux de Suez et Panama, que le crédit prend réellement son essor et s’organise en une multitude de produits différents. Les frères Pereire (Emile, 1800-1875, et Isaac, 1806-1880) furent les artisans de cette naissance. Ils créèrent le Crédit mobilier en 1852, participèrent au financement de la construction de chemin de fer et aux grandes réalisations industrielles du Second Empire.

Le crédit à la consommation est d’apparition plus tardive. Il est né aux Etats-Unis pendant l’entre-deux-guerres et ne s’est vraiment répandu que dans la seconde moitié du XX siècle. Il acquit alors un rôle moteur non négligeable, par l’accroissement de la demande nécessaire à une économie basée sur la consommation de masse.

Le crédit dit «revolving» (c’est-à-dire «tournant») est un produit d’invention plus récente, mais qui reste essentiellement une forme de crédit à la consommation. Il consiste en la mise à disposition d’une certaine somme d’argent, plafonnée, en échange de remboursements réguliers calculés uniquement sur la portion de cette somme effectivement utilisée. Les remboursements, fixes et mensuels, s’intègrent facilement dans le budget d’un ménage et cette facilité permet de faire face à des dépenses imprévues ou des fins de mois difficiles par un système bien moins onéreux que les agios facturés par les banques en cas de découvert.

Crédit - le moteur de l’économie


crédit - le moteur de l'économie L'investissement, la spéculation, la consommation, l'achat de  bien durables... présupposent de nos jours la possibilité du crédit. Le crédit est une avance pécuniaire qu'une personne ou un établissement bancaire consent à une autre; il a pour contrepartie l'intérêt, c'est-à-dire la somme supplémentaire dont le receveur (appelé débiteur) accompagnera le remboursement de la somme avancée par l'émetteur (appelé créditeur). Depuis les débuts précapitalistes de l'organisation de la finance, l'intérêt est proportionnel à la somme prêtée et à la durée du prêt (il dépend par ailleurs également de l'objet de l'investissement et de la personnalité du débiteur). On l'exprime en pourcentage annuel: ainsi, à un capital de 100 euros prêté à 3% correspondra un an plus tard un remboursement de 103 euros.

Le crédit peut être destiné à la consommation des ménages, notamment de biens durables (achat d'une voiture, construction d'une maison).  Ce crédit à la consommation est en quelque sorte une anticipation de la consommation future, permettant aux particuliers de profiter dès aujourd'hui d'un bien qu'ils ne pourraient acheter qu'après de longues années d'économie, et aux organismes prêteurs (banques) de s'assurer sur le moyen et long terme de rentrées régulières.

Mais le rôle véritable de "moteur de l'économie" est tenu par le crédit d'investissement et de spéculation. C'est lui qui permet les grandes opérations industrielles, d'investissement (dans l'automatisation de la production par exemple) ou de regroupement. Les taux de cette forme de crédit sont variables selon le prêteur, l'emprunteur et la destination du prêt, mais il dépendent tous des taux dits "directeurs", donnat le "loyer" de l'argent à long terme et fixés par les banques centrales (qui ont le contrôle de l'émission de monnaie) en fonction de leur politique monétaire.

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