Les fonctions de la monnaie
1. Intermédiaire des échanges
Dans les économies primitives, la monnaie n'existe pas. Les échanges, peu nombreux, s'effectuent sous la forme de troc, opération qui consiste à céder un bien contre un autre. Un producteur de blé, par exemple, échangera une partie de sa production contre du vin.
Mais le troc n'est pas une opération simple et comporte trois limites:
- la rencontre nécessaire de deux personnes désirant chacune acquérir le bien que l'autre souhaite céder;
- la nécessité d'attribuer une même valeur pour les deux biens à échanger et, dans l'hypothèse où ceux-ci sont indivisibles et ont des valeurs différentes, la recherche d'un autre bien pour combler la différence entre les deux biens échangés (versement d'une soulte);
- l'impossibilité de déterminer la valeur d'une marchandise par rapport à toutes les autres
En raison de ses inconvénients, le troc est devenu rapidement impraticable lorsque les échanges économiques se sont développés et peu à peu il a été abandonné grâce au recours à un bien intermédiaire qui va jouer un rôle essentiel au niveau économique : la monnaie.
L'intervention de la monnaie conduit à décomposer le troc en deux opérations successives : une vente et un achat ; le producteur de blé, par exemple, cherchera une personne désirant en acheter et s'accordera avec elle sur le prix à payer, c'est-à-dire sur la quantité de monnaie que celle-ci devra lui remettre. La monnaie que le producteur de blé recevra ainsi lui permettra alors d'acheter aux personnes disposées à les vendre les biens dont il a besoin.
Moyen de paiement admis par tous les membres d'une communauté, la monnaie joue ainsi un rôle d'intermédiaire des échanges qui permet à son titulaire d'acquérir les différents biens et services proposés par les agents économiques.
2. Unité de mesure des valeurs
Le troc ne permet de déterminer la valeur d'une marchandise que par rapport à celle avec laquelle elle à été échangée.
Avec la monnaie, qui constitue un étalon de mesure des valeurs, il devient alors possible de mesurer la valeur des différents biens en une même unité de compte.
Les prix ainsi exprimés à l'aide de cet étalon permettent notamment de comparer tous les biens entre eux.
En tant qu'étalon de mesure des valeurs, la monnaie peut être qualifiée de monnaie de compte.
En ramenant ainsi toutes les évaluations possibles d'un bien exprimées en termes d'autres biens en une seule évaluation exprimée en monnaie, on réalise une économie de calculs et d'informations particulièrement importante.
3. Instrument de réserve de valeur
Tout agent économique détenant de la monnaie peut soit s'en servir pour acquérir un bien, soit la conserver pour effectuer un achat au cours d'une période ultérieure.
La monnaie, qui permet alors, dans ce dernier cas, de réaliser le transfert d'un pouvoir d'achat d'une période à une autre, constitue un véritable instrument de réserve de valeur.
Motifs conduisant les agents économique à constituer des encaisses monétaires:
- Faire face au décalage pouvant exister entre le moment où sont effectuées les dépenses (étalées par exemple au cours du mois) et celui où sont perçues les recettes (en fin de mois par exemple pour les salaires).
- Constituer une réserve de monnaie pour des dépenses imprévues ou encore pour profiter de toute opportunité en matière de placements ou d'acquisition de biens.
En fait, la fonction de réserve de valeur n'est véritablement assurée que si la valeur représentée par une certaine quantité de monnaie reste la même, quel que soit le moment auquel celle-ci est utilisée, ce qui ne se produit pas en cas de hausse du niveau général des prix.
Si d'autres biens peuvent aussi conserver le pouvoir d'achat à long terme, et parfois même mieux que la monnaie en période d'inflation, il n'en demeure pas moins que la monnaie possède la propriété fondamentale d'être un actif parfaitement liquide : elle est en effet immédiatement disponible pour acquérir des biens.