Formes actuelles de la monnaie
Il existe actuellement deux formes de monnaie : d'une part la monnaie fiduciaire représentée par les billets de banque et la monnaie divisionnaire constituée par les pièces jouant un rôle d'appoint dans les règlements, et d'autre part la monnaie scripturale consistant en de simple jeux d'écritures dans des comptes de dépôts à vue.
Ces deux formes actuelles de la monnaie sont le résultat de tout un processus de dématérialisation ayant conduit d'abord au remplacement de la monnaie métallique par la monnaie de papier, puis ensuite à la prédominance progressive de la monnaie scripturale avec, plus récemment encore, un développement très important des cartes de crédit.
Le billet de banque
Trois grandes étapes ont marqué l'évolution du billet de banque :
- Le billet, certificat représentatif d'un dépôt de métal précieux. Dans l'Antiquité, puis au Moyen Age, des particuliers déposent de l'or et de l'argent auprès de banquiers et reçoivent, en contrepartie, des « billets » représentatifs de ces dépôts. Utilisés pour effectuer des règlements, ces billets, qui se substituent à de la monnaie métallique, ne constituent pas une véritable monnaie. Création réelle du billet de banque lorsque, au XVII siècle, le banquier suédois Palmstruck décide d'émettre un nombre de billets supérieur à celui correspondant au montant total des dépôts de métal précieux ; les billets ainsi créés deviennent une véritable monnaie s'ajoutant à la monnaie métallique.
- Le billet de banque convertible. Cette nouvelle forme de monnaie ne peut se développer que parce que les individus ont la certitude de pouvoir convertir à tout moment leurs billets en métal. L'État favorise aussi la circulation des billets en leur conférant le cours légal, c'est-à-dire en obligeant les créanciers à les accepter en paiement.
- Le billet de banque inconvertible. A la suite d'événements graves (guerre par exemple) et devant la demande massive de remboursement de billets en métal précieux, l'État est amené à prononcer, de façon temporaire, le cours forcé des billets qui vise à supprimer la possibilité pour les détenteurs de billets d'en demander le remboursement en or. Après la crise économique de 1929 et pour faire face aux graves problèmes monétaires auxquels ils se trouvent confrontés, les différents pays instituent un cours forcé des billets qui devient alors définitif.
La monnaie scripturale
Se développant véritablement en Angleterre au milieu du XIX siècle, la monnaie scripturale permet tout d'abord de remplacer une quantité équivalente de billets : lorsqu'un particulier dépose des billets dans une banque, celle-ci en inscrit le montant au crédit d'un compte à vue ouvert au nom de ce particulier. Le titulaire du compte peut non seulement retirer des billets auprès de sa banque mais il a également la possibilité d'effectuer des règlements, par l'intermédiaire de chèques notamment, son compte de dépôt à vue étant alors débité au profit d'un autre compte qui sera quant à lui crédité pour un même montant.
La monnaie scripturale permet aussi accroitre la quantité de monnaie existant au sein de l'économie lorsque la banque accorde un crédit, opération réalisée en créditant le compte à vue du client bénéficiaire du prêt.
Si le banques peuvent ainsi créer de la monnaie scripturale au-delà du montant des billets déposés auprès d'elles, c'est parce qu'elles excluent toute demande massive de conversion en billets des sommes portées dans les comptes à vue et qu'elles peuvent ainsi se contenter de disposer en caisse d'un montant minimum de billets pour faire face aux retraits de leurs clientèle.
Représentant dans les économies modernes une part très importante des moyens de règlement, la monnaie scripturales a connu un grand développement largement facilité par les instruments qui en permettant la circulation.
Les moyens de règlement scripturaux:
- Le chèque. Écrit par lequel le titulaire d'un compte (tireur) donne l'ordre à son banquier (tiré) de payer immédiatement une somme déterminée à lui-même ou à une personne désignée.
- Le virement. Ordre donné par le titulaire d'un compte à son banquier de transférer une somme déterminée de son compte à celui d'un tiers bénéficiaire.
- L'avis de prélèvement. Autorisation donnée par un débiteur à son créancier d'émettre des avis de prélèvements sur son compte et à son banquier de débiter son compte des avis de prélèvements émis par ce créancier.
- Le titre interbancaire de paiement. Imprimé sur lequel le créancier mentionne le références du règlement et que le débiteur peut utiliser, après l'avoir daté et signé, pour régler sa dette.
- La carte de crédit. Carte permettant de régler un commerçant adhérant à l'organisme émetteur et d'effectuer des retraits en espèces auprès des distributeurs automatiques de billets.
Les progrès réalisés dans les règlements informatisés et le coût relativement important de règlements de faible montant tend à favoriser l'essor de la monnaie électronique avec, par exemple, le porte-monnaie électronique représenté par une carte créditée au moment de son acquisition ou de son renouvellement et débitée au fur et à mesure des règlements.