L’évolution des revenus primaires des ménages

revenus des ménagesLes revenus primaires des ménages sont composés des salaires, des revenus des entrepreneurs individuels et des revenus de la propriété.

L'évolution des salaires nominaux

Les salaires nominaux ( ou salaires exprimés en euros) évoluent  au cours du temps en fonction de nombreux facteurs (productivité, taux de chômage, indice des prix, parité avec les autres revenus). Malgré l'existence d'un fort taux de chômage, la baisse des salaires nominaux ne s'est pas produite en raison principalement de:

- l'existence d'une législation protectrice (SMIC, assurance chômage...),
- l'influence des syndicats,
- la généralisation de négociations collectives.

On parle de rigidité à la baisse des salaires nominaux.

Toutefois la pratique de l'individualisation des salaires, si elle s'étendait, pourrait substituer la négociation individuelle (d'entrepreneur à salarié) à la négociation de branche (de représentants patronaux à syndicats de salariés). Une telle situation pourrait, en cas de chômage, conduire à une baisse des salaires nominaux.

L'évolution des salaires réels

Le salaire réel (ou quantité de biens et services que le salaire nominal permet d'acheter) dépend de deux éléments:

- le salaire nominal,

- le niveau des prix.

En effet, on peut approximer le pourcentage de variation du salaire réel par la différence entre celui des salaires nominaux et celui des prix:

% de variation des salaires réels ≈ % de variation des salaires nominaux - % de variation des prix

Si les prix augmentent de 2 % par an et les salaires nominaux de 3 % par an, les salaires réels augmentent de 1 % par an.

Ainsi, en cas d'inflation, si la hausse des prix est supérieure à la hausse des salaires nominaux, le salaire réel basse. On parle alors de désindexation des salaires nominaux sur les prix.

L'évolution des revenus des entrepreneurs individuels

Les entrepreneurs individuels peuvent être agriculteurs, commerçants, artisans ou membres des professions libérales : médecins, avocats, experts-comptables... Leur rémunération est constituée par le bénéfice de leur entreprise.

Au-delà des différences de situation, il existe un certain nombre de facteurs explicatifs communs à l'évolution de leurs revenus.

  • C'est d'abord le chiffe d'affaires qui détermine le revenu du commerçant, de l'artisan... Or la demande fluctue sur presque tous les marchés. Mais elle peut être orientée à long terme à la hausse (coiffure) ou à la baisse (agriculture).
  • Une forte concurrence réduit les prix de vente. Mais certains entrepreneurs individuels bénéficient de situations protégées : absence de concurrents ou réglementation favorable (taxis, pharmaciens, notaires...)
  • Les achats des consommations intermédiaires représentent parfois des charges très importantes (c'est le cas pour l'agriculture). Les charges salariales représentent une part variable du chiffre d'affaire : 20 % dans la coiffure, 10 % dans la réparation automobile.

Ainsi, pour que les revenus des entrepreneurs individuels soient orientés à la hausse, il faut tout à la fois une expansion de la demande, une limitation de la concurrence et une modération des charges.

Dans tous les cas, l'évolution spontanée des revenus peut être infléchie par la capacité des entrepreneurs individuels à s'organiser en groupe de pression.

L'évolution des revenus de la propriété

La propriété de biens (terrains ou immeubles) ou d'actifs financiers (actions) permet d'obtenir des revenus.

Les formes de placement sont très diverses. Leur répartition évolue dans le temps en fonction de nombreux facteurs : taux de rendement, risque et espérance de plus-value, degré de liquidité, fiscalité.

Les formes de placement:

  • L'épargne bancaire liquide ou à court terme - Livrets d'épargne, CODEVI, épargne logement, comptes à terme, bons, PEP, titres support des SICAV monétaires. Rendement moyen. Liquidité élevée. Pas de risque. Pas de plus-value.
  • Les valeurs mobilières  - actions, obligations, SICAV, FCP... Rendement assuré pour les obligations avec peu de plus-value. Rendement plus aléatoire pour les actions mais davantage de plus-value.
  • Les bien immobiliers - immeubles, appartements, parts de société civile immobilière. Rendement faible. Secteur où poussées spéculatives et crise de l'immobilier alternent.
  • Les placements agricoles - terre, bois... Très faible rendement. Existence de moins-values. Absence de risques.
  • Placements divers - comptes courants d'associés, wagons, containers, or, diamants, objets d'art, placements d'assurance... Rendements et plus ou moins-values variables selon les cas.

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