La régulation par le crédit

BourseLes deux termes sur lesquels joues la politique monétaire sont la quantité de monnaie et le taux d’intérêt. Mais ces facteurs ne sont pas indépendants: en effet de bas taux d’intérêt facilitent les conditions d'obtention du crédit, ce qui revient à augmenter la quantité de monnaie en circulation. La quantité de monnaie est en étroite corrélation avec l'inflation (les prix augmentent avec la croissance de la masse monétaire). La politique monétaire est donc essentielle dans le contrôle d'inflation.

Motifs de la régulation

L'action sur les taux reste aujourd'hui influencée par des considérations de politique interne: nécessité de freiner la demande de crédit par une hausse des taux d’intérêt, utilisée soit pour ralentir les anticipations inflationnistes des agents économiques, soit au motif de considérations monétaires internationales (pour attirer les capitaux extérieurs ou, au contraire, les empêcher d'entrer).

Il est même arrivé que certains États soient amenés à fixer des taux d’intérêt négatifs pour empêcher l'arrivée de capitaux massifs en provenance de l'extérieur. Ce fut le cas de la Suisse pendant plusieurs années, durant lesquelles, pour dissuader l'arrivée de capitaux en provenance de l'étranger et leur transformation en francs suisses - ce qui aurait eu comme conséquence d'accroitre la masse monétaire interne et d'engendrer un effet inflationniste -, le gouvernement fédéral a non seulement interdit aux banques de servir un intérêt, mais encore les a contraint d'opérer un prélèvement sur chaque compte en francs suisses.

Depuis les années 1990, en revanche, les États ont tendance à maintenir des taux d’intérêt assez bas afin de favoriser l'investissement boursier, qui est devenu la mesure de la bonne marche de l'économie. Les risques d'inflation excessive sont contenus par la hausse des revenus spéculatifs, qui permettent d'absorber la masse monétaire supplémentaire. Cela ne va pas sans un certain déséquilibre entre les économies des pays économiquement dominants, dont la politique monétaire détermine les flux mondiaux de capitaux, et les places financières «secondaires», qui doivent s'adapter à la conjoncture globale.

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